Stress Post Traumatique : "« Depuis, je ne suis plus le même »
Rédaction
« Depuis, je ne suis plus le même »
Quand un événement traumatisant continue de vivre en nous… Et si l'hypnose pouvait aider à retrouver un peu de sécurité ?
« Depuis mon accident, je ne suis plus le même. »
« Je sais que c'est terminé, mais j'ai toujours l'impression que ça peut recommencer. »
« Il suffit d'un bruit, d'une odeur, parfois de presque rien, et tout revient. »
Ces paroles, je les entends parfois en consultation. Elles racontent quelque chose de difficile à expliquer : l'événement est terminé, mais une partie de nous continue de le vivre.
Et ce décalage peut bouleverser une existence.
Quand le passé refuse de rester au passé
Après un accident grave, une agression, des violences ou un événement au cours duquel notre vie ou celle d'un autre a été menacée, il est fréquent de ne plus se sentir tout à fait comme avant.
On dort mal. On sursaute facilement. Certaines images reviennent sans prévenir. On évite des lieux, des situations, parfois même des conversations.
Ces réactions sont fréquentes dans les premières semaines. Le plus souvent, elles s'atténuent progressivement.
Mais chez certaines personnes, elles persistent, parfois pendant des mois ou des années. Lorsqu'elles durent plus d'un mois, s'accompagnent d'autres symptômes caractéristiques et perturbent significativement la vie quotidienne, elles peuvent correspondre à un trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Pourquoi le cerveau continue-t-il à donner l'alerte ?
Notre cerveau possède des systèmes remarquablement efficaces pour détecter le danger et nous protéger.
L'amygdale participe à la détection des menaces. L'hippocampe contribue à replacer nos souvenirs dans leur contexte : où, quand, dans quelles circonstances ? Quant au cortex préfrontal, il intervient notamment dans la régulation de nos réactions émotionnelles.
Après un traumatisme, le fonctionnement de ces réseaux peut être perturbé.
Un bruit, une odeur, une sensation corporelle peuvent alors suffire à déclencher une réaction d'alarme, même en l'absence de danger réel.
Le cœur accélère, les muscles se tendent, la respiration change. Parfois, une image surgit avec une telle intensité qu'on a l'impression de revivre la scène.
On sait que c'est fini. Mais le corps réagit comme si cela recommençait.
Ce n'est pas simplement une question de volonté. C'est notamment une difficulté à distinguer certains rappels du traumatisme d'une menace présente.
Et l'hypnose dans tout cela ?
Il faut d'abord être clair : l'hypnose n'est pas aujourd'hui un traitement de première intention du stress post-traumatique.
Les approches les mieux validées restent les psychothérapies centrées sur le traumatisme, notamment certaines thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et l'EMDR.
Les recherches sur l'hypnose sont encourageantes dans certains domaines, mais encore insuffisantes pour la considérer comme un traitement autonome du TSPT.
Alors, pourquoi y avoir recours ?
Parce qu'avant même de pouvoir parler de ce qui s'est passé, certaines personnes ont besoin de retrouver un peu de calme, de sommeil et de confiance dans leurs propres sensations.
C'est là que l'hypnose peut trouver sa place, en complément d'une prise en charge adaptée.
Elle peut aider à explorer des moyens de diminuer la tension intérieure, à travailler sur l'endormissement, à développer des sensations de sécurité et à retrouver progressivement une capacité de régulation émotionnelle.
L'autohypnose peut également offrir des exercices à réutiliser dans la vie quotidienne.
Ces bénéfices restent variables d'une personne à l'autre et ne sont pas tous démontrés avec le même niveau de preuve.
Il ne s'agit pas de faire disparaître les souvenirs, encore moins de les rechercher sous hypnose. Il s'agit de permettre à la personne de retrouver davantage de liberté face à ce qu'elle ressent.
Retrouver sa sécurité, sans effacer son histoire
Je me méfie des promesses qui consistent à « effacer un traumatisme » en quelques séances.
Notre mémoire ne fonctionne pas comme un ordinateur dont on supprimerait un fichier.
L'objectif thérapeutique est ailleurs.
Pouvoir repenser à un événement sans être systématiquement submergé. Retrouver des nuits plus paisibles. Ne plus vivre dans l'anticipation permanente du danger. Recommencer à faire des projets.
Dans les situations de traumatisme sévère, complexe ou répété, cet accompagnement doit s'inscrire dans un parcours de soins spécialisé.
Et si « je ne suis plus le même » n'était pas une fatalité ?
Un traumatisme peut laisser une empreinte profonde. Il peut modifier notre façon de ressentir, de faire confiance, de regarder le monde et parfois même de nous regarder nous-mêmes.
Mais cette empreinte n'est pas nécessairement immuable.
Avec un accompagnement adapté, il est possible de retrouver progressivement une sécurité intérieure et de reprendre sa place dans le présent.
Vous ne changerez pas ce qui s'est passé. Mais vous pouvez changer la place que cet événement occupe aujourd'hui dans notre vie.
Et parfois, c'est déjà un immense changement.
Dr Patrick Avargues — Médecin, hypnopraticien
Le Carnet de l'Hippocampe — Hippocampe Hypnose
REFERENCES
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NICE. Post-traumatic stress disorder. Guideline NG116, 2018, mise à jour 2025.
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VA/DoD. Clinical Practice Guideline for Management of Posttraumatic Stress Disorder and Acute Stress Disorder. 2023.
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Bryant RA. Post-traumatic stress disorder: a state-of-the-art review of evidence and challenges. World Psychiatry. 2019;18(3):259–269. DOI : 10.1002/wps.20656.
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Lynn SJ, Cardeña E. Hypnosis and the treatment of posttraumatic conditions: an evidence-based approach. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 2007;55(2):167–188.
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