« Oui, mais » : quand une partie de nous dit non

« C'est une bonne idée, mais… » « Je sais que je devrais, mais… » « Tu as raison, mais… »

Trois petits mots, et la phrase change de sens. Ce qui vient après le « mais » prend toute la place. Ce qui venait avant est comme annulé.

Un jeu relationnel décrit dès 1964

Le psychiatre Eric Berne, fondateur de l'analyse transactionnelle, a décrit dans Des jeux et des hommes un scénario relationnel qu'il a appelé « Pourquoi ne pas… ? — Oui, mais ». Une personne expose un problème, recueille des conseils, puis trouve une objection à chacun d'eux. Selon Berne, l'enjeu caché n'est pas de résoudre le problème, mais d'obtenir de l'attention tout en évitant de changer.

Vous avez peut-être déjà vécu cette scène, d'un côté ou de l'autre. On propose, on s'épuise, et rien ne bouge.

Ce que le « oui, mais » protège

Il serait trop simple d'y voir de la mauvaise volonté. Le « oui, mais » est souvent une protection :

  • contre la peur de l'échec (« si j'essaie et que ça rate… ») ;
  • contre la perte de ce qui est familier, même inconfortable ;
  • contre le sentiment d'être dirigé par quelqu'un d'autre.

Le « oui » exprime le désir de changer. Le « mais » exprime la part qui hésite. Les deux sont vrais.

Ce que j'observe en consultation

Quand un patient me répond « oui, mais », je ne cherche pas à argumenter. Plus je pousse, plus la partie qui hésite résiste. En hypnose ericksonienne, on préfère accueillir les deux voix. Le « mais » devient une information précieuse : il montre ce qui a besoin d'être rassuré avant d'avancer.

Un exercice simple : remplacer « mais » par « et »

Essayez de reformuler vos propres phrases :

  • « J'ai envie de faire du sport, mais je suis fatigué. »
  • « J'ai envie de faire du sport, et je suis fatigué. » ou mieux encore "Je suis fatigué, et j'ai envie de faire du sport", infiniment plus motivant.

La seconde phrase ne choisit pas entre les deux. Elle reconnaît que les deux coexistent… et ouvre une question : qu'est-ce qui serait possible, avec cette fatigue ?

C'est d'ailleurs une règle de base du théâtre d'improvisation : répondre « oui, et » plutôt que « oui, mais », pour construire à partir de ce que l'autre propose au lieu de le bloquer.

Le « mais » ferme une porte. Le « et » en laisse deux ouvertes.

Dr Patrick Avargues — Hippocampe Hypnose

#hypnose #communication #changement #analysetransactionnelle #bienêtre


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