Burn-out : s' écouter avant la rupture

Le burn-out prévient avant d'arriver. Il s'installe lentement, souvent sans bruit, pendant que l'on continue de « tenir ».

Ce que dit l'OMS

Depuis la CIM-11, l'Organisation mondiale de la santé décrit le burn-out comme un syndrome lié au stress chronique au travail qui n'a pas été correctement géré. Il ne s'agit pas d'une maladie mentale comme telle, mais d'un « phénomène lié au travail ».

Trois dimensions le caractérisent :

  • l'épuisement, le manque d'énergie ;
  • la prise de distance avec son travail, le cynisme ou le négativisme ;
  • le sentiment d'être inefficace, de ne plus rien accomplir.

Des signes progressifs, en rupture avec « avant »

La Haute Autorité de Santé souligne que ces manifestations s'installent de façon progressive et souvent insidieuse, et qu'elles tranchent avec l'état antérieur de la personne. Parmi elles :

  • dans le corps : fatigue persistante, troubles du sommeil, douleurs du dos ou de la nuque, crampes, maux de tête, vertiges, perte d'appétit, troubles digestifs ;
  • dans les émotions : anxiété, tensions musculaires, irritabilité, hypersensibilité, tristesse… ou au contraire plus aucune émotion ;
  • dans la pensée : difficultés de mémoire, d'attention, de concentration, décisions plus laborieuses ;
  • dans la motivation : désengagement progressif, perte de sens, doutes sur ses propres compétences ;
  • dans les relations : repli sur soi, isolement, moins d'empathie, agressivité inhabituelle, recours accru à l'alcool ou à d'autres substances.

Le point clé n'est pas un symptôme isolé. C'est le changement : « Je ne me reconnais plus. »

Et parce que ces signes physiques ne sont pas spécifiques, la HAS recommande aussi un bilan médical pour ne pas passer à côté d'une autre cause.

Le piège : le déni

La HAS note que le déni du travailleur peut retarder la prise en charge. Souvent, ce sont les personnes les plus engagées qui se disent : « Ça va passer », « C'est une période chargée », « Les autres tiennent bien, eux ».

Et c'est là que les vocables dont nous avons parlé dans les posts précédents prennent tout leur poids : « je dois », « je ne peux pas dire non », « oui, mais je n'ai pas le choix »…

Quelques questions à se poser

  • Est-ce que je récupère encore pendant les week-ends ou les vacances ?
  • Est-ce que mon sommeil, mon appétit ou mon corps ont changé ?
  • Est-ce que je parle de mon travail avec plus d'amertume qu'avant ?
  • Est-ce que mes proches me disent que j'ai changé ?
  • Est-ce que j'ai l'impression de faire beaucoup… pour rien ?

Si plusieurs réponses résonnent, ce n'est pas un diagnostic. C'est un signal qui mérite d'être entendu.

Vers qui se tourner

Le médecin traitant et le médecin du travail sont les premiers interlocuteurs. La HAS rappelle que tout salarié peut demander à rencontrer le médecin du travail à tout moment, y compris pendant un arrêt, sans en informer son employeur si le rendez-vous a lieu en dehors des heures de travail.

La HAS mentionne aussi, parmi les prises en charge non médicamenteuses, les interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles menées par un professionnel formé. C'est dans ce cadre que l'hypnose peut accompagner la récupération : retrouver un rapport plus apaisé au corps et au sommeil, remettre en mouvement ce qui s'est figé. Toujours en complément d'un suivi médical, jamais à sa place.

S'écouter tôt, ce n'est pas être fragile. C'est se donner une chance de ne pas aller jusqu'à la rupture.

Si vous traversez une période de grande détresse, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable 24 h/24, gratuitement.

Dr Patrick Avargues — Hippocampe Hypnose

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