Ces quatre petits mots qui vous emprisonnent et dont vous pouvez vous libérer.

Il y a des mots qu'on utilise sans y penser. Des mots qui semblent décrire ce qu'on vit. Mais qui, en réalité, le fabriquent.

Ces mots s'appellent des absolus linguistiques, et les quatre plus nocifs sont :

" TOUJOURS", "JAMAIS", " TOUT", "RIEN"

Quand vous dites « Je rate toujours tout », votre cerveau ne cherche plus les exceptions, les réussites. Il les efface. Il construit une loi universelle à partir d'un ou deux souvenirs douloureux.

C'est ce qu'Aaron Beck appelait la surgénéralisation. C'est l'une des distorsions cognitives les mieux documentées en psychologie. Un événement négatif devient une règle absolu et cette règle devient alors votre réalité perçue.

Alors le cerveau ne fait pas la différence entre une pensée et un fait. Il réagit aux deux de la même façon.

Alors il faut désuniversaliser ces expressions en les remplaçant :
  • « Je rate TOUJOURS tout » devient : « J'ai eu des échecs récemment. »
  • « Je n'y arriverai JAMAIS » devient : « Je n'y suis pas encore arrivé. »
  • « TOUT va mal.» devient : « Plusieurs choses sont difficiles en ce moment. »
  • « Je ne ressens RIEN.» devient : « Je n'accède pas facilement à mes émotions en ce moment. »

Ce ne sont pas des formules positives. Ce sont des formules plus proches de la réalité.

Une formule vraie, c'est infiniment moins lourde à porter qu'un absolu inexact !

Quand vous entendez l'un de ces quatre mots dans votre tête, demandez-vous :

« Y a-t-il une seule exception à ce toujours ? » « Pas une seule fois dans toute votre vie ? » « Qu'est-ce qui n'est pas inclus dans ce tout ? »

La plupart du temps, il y a une exception au moins. Petite, discrète, presque oubliée. Mais elle est là et cette exception, c'est déjà une brèche dans la prison du mot.

Le changement commence dans l'expression de ses pensées bien avant d'arriver dans le concret de la vie.

Les mots ne décrivent pas seulement ce qu'on vit. Ils conditionnent ce qu'on est capable de voir. Et parfois, alléger sa vie, c'est d'abord alléger ses phrases, mieux les corréler à la réalité.

Et vous ? Soyez attentif, utilisez-vous l'absolu ?

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